01 mai 2007
Introduction
Deux ans de l'autre coté de la manche vous en pensez quoi? Un peu fou non?? Ecoutez c'est mon histoire... Partie pour un an, en tant qu'Erasmus ( programme d'échange universitaire) seulement pour apprendre la langue de shakespeare, je decidai de vivre une nouvelle aventure toujours en Angleterre, mais cette fois dans une nouvelle ville! Me voici encore prête à passer une année de plus sans trop savoir ce qui m'attendait. En effet, la première année fut tellement enrichissante que rien ne pouvait venir interrompre ce rêve.
J'abandonnais donc la vie à durham, près de Newcastle, la vie universitaire, pour descendre vers le Sud, Cambridge, où m'attendait ma première vie professionnelle. J'étais loin de me douter qu'une autre atmosphère m'attendait... Fini les soirées à durée indéterminées, les flirts dans les discothèques étudiantes!!
Et oui un nouveau départ était lancé. Un passage dans le monde adulte se préparait, une autre vie, des difficultés à passer mais pourtant tout me paraissait encore si parfait que rien n'aurait pu me décourager.
Chapitre 1: Le départ
Rester une année de plus en Angleterre était l'objectif fixé. Après avoir envoyée une cinquantaine de CV dans différents collèges anglais, j'obtins une réponse le jour de mon départ pour la France. Ma candidature a été obtenue à Linton Village Collège comme assistante de français pour l'année 2006/2007. Linton?? c'est une ville connue ça?? Alors c'est un petit village situé à vingt minutes de Cambridge dans le Sud Est de l'Angleterre. Bon parfait, je fonce, j'accepte, et me voici prise pour ce poste! Je commence le 1er Septembre. Je logerais chez la directrice qui s'est gentillement proposée de m'offrir une chambre, avec cuisine et salle de bain, en contrepartie de m'occuper de ces enfants, John et Kelly, tout deux de7 et 9ans, tous les matins et de babysitter quelque fois le soir.
L'été est passé très vite, le jour « J » est arrivé et me voici une fois de plus avec 20 kilos à la main pour une nouvelle destination.
British Airways destination Londres Gatwick.
Bon ça commence bien, je viens de faire la connaissance d'un londonnien qui était révolté par le contrôle fait dans les aéroports. Alors pour être clair, pas de produits liquides, de maquillage, de nourritures dansvotre bagage à main. Il avait sur lui une bouteille de vin, c'est pas passé, dommage pour lui mais bien essayé quand même! Quant à moi biensûr ils m'ont tout fouillée, c'est toujours comme ça, mais j'étais en règle, je suis passée sans aucun soucis!
Un bisous à ma maman avant de partir, et hop je passe dans le tube infernal, la queue, l'attente avant l'embarcation. Bon je pars confiante, pas de pleurs cette fois, rien, au contraire de l'existation, de l'enthousiasme. Ca y'est mon bâptemes était passé, il me restait maintenant la confirmation à assurer.
L'avion à destination de Londres arriva à 9h45 à l'aéroport de Gatwick. Deux plus tard, me voici arrivée dans cette aéroport,où plutôt dans cette ville. En effet tout était plus grand, on y trouvait de tout à l'interieur, on pouvait aussi bien faire du shopping avec un large choix, mangeait évidemment et passait le temps devant des machines à jeux. Pour ma part, je devais me dépêcher, essayer de me retrouver, prendre le train en direction de Victoria, puis le métro jusqu'à Liverpool Street, et enfin le train jusqu'à Audley End où Katie, ladirectrice, m'attendait. Juste avant de faire tout se trajet, le londonnien m'offrit une boite de chocolat en souvenir de cette rencontre et en me souhaitant une bonne chance pour ce nouveau départ. Deux heures plus tard, je rencontrai enfin Katie, qui a ma grande surprise ne m'attendait pas sur le pied de la gare, mais assise tranquillement dans sa voiture, le journal à la main. Et moi pendant ce temps j'essayai de porter tous mes bagages à sa voiture, sans trop faire de grimaces, même si un peu d'aide aurait été la bienvenue.
Treize heures, j'arrivai enfin! Je découvris tout à coup ce village où j'allais y rester neuf mois. Ca m'avait l'air calme, paisible à vivre. Puis ma nouvelle maison. Alors il y avait trois étages, ma chambre était super grande, avec ma première propre sallede bain c'était super!
J'ai rencontré la famille, les deux enfants, John et Kelly et Chris, le mari. Après notre premier repas tous les cinq, j'ai joué au football avec les petits, puis on est allés promener au parc. C'était génial, je pense que les enfants m'apprécient déjà. En général, je n'ai pas de problèmes avec les enfants, le contact passe assez facilement. Une chose de gagnée, ouf!
Premier repas avec la famille, bon très british j'avoue, des sandwichs et biensûr le fameux thé et n'oubliez pas la petite goutte de lait... très traditionnel tout ça!
Mes premières impressions sont bonnes, j'avais fait le bon choix en venant ici, ça c'était sûr maintenant, plus de doute. J'allais passer ma première nuit dans cette chambre aux murs bleus, qui donnaient une impression de tranquilité absolue...
Ce soir là, les parents étaient partis mais aucun babysitting ne m'attendait pour mon premier jour, ils avaient fait venir un jeune pour me remplacer. Très bonne idée merci! Car après une journée de voyage j'avais pour seule envie de me jeter sur ce lit et de m'engloutir sous cette grosse couette, surtout qu'il ne faisait pas si chaud au rez-de-chaussée.
Chapitre 2: La rentrée
Le weekend passa, vite d'ailleurs, le temps de s'installer de faire un petit tour du village, puis d'aller visiter Cambridge, c'était déjà lundi, le premier jour de la rentrée, ma Première Rentrée.
Aujourd'hui c'était seulement « un training teacher day » comme ils disent, une première réunion, un mot de bienvenue, de bon retour avant d'entammer une année de travail bien remplie. J'étais arrivée avec une heure de retard, jen'aime pas ça, mais bon, je ne pouvais pas faire autrement. Je devais emmener John et Kelly à l'école primaire l'heure d'avant. Malgrè tout ça, j'arrivai enfin au collège. Tout en me présentant, je demandai où avait lieu la réunion, et la secrétaire, toute gentille, me conduit à la salle comme convenue. Ils étaient tous là, assis,à écouter le discours de la directrice. Mais voilà, il fallait que j'ouvre la porte, que j'interrompe ce silence...
Tous les regards se sont instantannément fixés sur moi comme si le discours de la directrice n'était plus important, et que seule mon arrivée comptait. Je pris la première chaise que je vis, et m'assis. Katie fit à ce moment là une parenthèse, et m'introduit d'une manière assez spéciale. En effet, elle fit allusion à la coupe du monde, à notre défaite biensûr, mais surtout à la réaction de Zinédine Zidane, car j'habite Marseille, et oui le soleil, la mer et Zizou...
Ca y'est c'est fait, ils savent tous qui je suis.
Une fois cette réunion finit, je fis la connaissance de la prof qui serait responsable de moi durant ces neuf mois. Elle s'appelle Jane, très sympa à première vue, elle me présenta à tous les autres profs de langues étrangères. Premier repas tous ensemble, on m'avertit tout de suite que la cantine ce n'était pas du meilleur choix, pas la peine de me prévenir, après avoir passée un an dans une université anglaise à manger des frites tous les jours, sous differentes formes pour faire preuve d'une part de créativité, je savais à quoi m'en tenir. Une fois le repas fini, les présentations terminées, il fallait commencer un peu à travailler. Donc au programme: péparation des classes, recouvrir les lives, prévoir des cahiers pour tous les élèves, décourer les classes... Beaucoup de boulot pour une première journée, et dire que le vrai travail « proprement dit » commence seulement demain! Je me suis vite aperçu que le rythme de travail avait bien l'air different du rythme français. Les anglais seraient-ils plus travailleur? Faudra voir ça, en tout cas on était loin des 35 heures!
Déjà 17 heures, personne ne pensait à arrêter, puis Jane me dit que je pouvais rentrer maintenant, que c'était suffisant pour aujourd'hui et qu'elle m'attendait demain à 9h35 pour notre première journée, car plutôt ce ne serait pas possible, vu que je dois m'occuper des petits. Si je résume, aujourd'hui c'était sseulement l'échauffement si l'on se réfère une fois de plus au football!
J'arrivai à la maison, fatiguée, je m'affalai sur mon lit et m'endormis.
Chapitre 3: Mes premiers jours au collège
6h30 debout, cette fois c'est parti, plus le temps de se reposer, de se demander puis-je rester une heure de plus dans mon lit, non! Il faut se réveiller, filer à la salle de bain, prendre une douche, un peu d'eau froide pour se réveiller, s'habiller, euh comment? C'est vrai j'allais être une prof désormais... assistante oui, on se comprends! Mais bon fini les baggies, les jeans troués, le look étudiant, désormais c'était le pantalon classique, vous voyez, tout noir, ou tout marron, et la veste de tailleur. Lequel choisir pour ce premier jour...pas compliqué, j'avais pu en prendre seulement deux et oui vingt kilos de bagages, ce n'est pas grand chose! Je choisis le marron, j'oublie la veste. Un petit gilet suffit. C'était parfait moins sérieux que le costume. Cette tenue me changeait déjà, moi qui étais habituée à porter du décontracté, sportif, je devins tout à coup la femme d'affaire, class, élégante. Cette tenue commencait à me plaire.
7h30, je montais au premier étage, les parents partaient tous deux dans un collège différents, car ils sont directeurs tous les deux. Bon, je me retrouvai avec les deux petits, il fallait les faire déjeuner, puis les occuper jusqu'à 8h30 avant de partir pour l'école. Pour ce qui était de les occuper, ça allait, la télé faisait le travail à ma place, par contre pour les déscotcher de devant, c'était un autre problème!!
8H20, je commence à répéter une phrase qui allait au fil du temps devenir un rituel. Kelly, John, faut y aller! « Brossez vous les dents, mettez vos chaussettes, vos chaussures, votre manteau, prenez votre « pack lunch », n'oubliez pas vos sacs et on y va! » Et tout ça en anglais, of course! Bon, facile à écrire comme ça mais tout ne se passait pas aussi simplement que ça.
En effet, dès les premiers jours d'école tout devînt compliqué. Je notai une attitude incohérente chez la petite, Kelly. Elle était âgée de deux ans de plus que son cadet et pourtant paraissait moins mature que celui-ci. Le faisait-elle exprès? Voulait-elle me faire craquer dès les premiers jours... Souvent les enfants sont comme ça, ils essayent de te tester au début, juste pour voir où sont leur limites lorsqu'ils sont avec toi. Donc j'avais décidé de ne pas accorder tant d'importance à son comportement en espérant qu'elle allait évoluer avec moi avec le temps. C'est comme ça partout, il faut un début, un temps d'aptation! Je m'accordais donc ce tempsavec elle, sans trop la brusquer, en lui montrant qui j'étais et ce que j'attendais d'elle.
Une similaire attitude régnait au collège, surtout avec les plus grands. Ils ont seize ans, j'en avais alors que vingt, pas beaucoup d'écarts nous séparer, donc pourquoi devaient-ils me respecter? Me parler comme une prof alors qu'ils savaient que j'étais seulement une assistante? Et justement pourquoi pas! Je ne comptais pas me laisser faire, et tout en gardant ma personnalité, mon côté social et chalereux, rien ne m'empêchait de leur dire ce que je pensais et ce que je n'admettais pas en classe. Je me souviens encore d'avoir eu les « year 9 », l'équivalent de nos quatrièmes en France, et d'avoir fait part d'autorité vis à vis de certains dès les premiers jours. La prof n'étant pas là, j'arrivai en classe comme à l'habitué, attendant l'enseignant remplaçant, mais celui-ci semblait avoir du retard. Je décidai donc de prendre la classe en main. Mais tout ça n'est pas facile. Ils savent qui je suis, une petite française, une nouvelle, sans réel statut de prof, donc ils ne craignaient pas grand chose. Un bruit épouvantable régnait dans la classe, comment faire? Crier, je ne sais pas si ma voix dépasserait leur décibel; attendre et ne rien dire, peut-être qu'ils finiront par se lasser de parler; demander à un élève de m'aider, mauvaise idée, je suis la prof, je dois m'imposer. Des semblants de voix sortaient de moi, mais difficile de crier, je ne les connaissais pas vraiment, ce n'est pas ma langue maternelle, tant de choses qui font que je décidai d'attendre l'enseignant qui n'arrivait toujours pas. Je m'assis sur la chaise et parlai dans ce brouhaha avec quelques élèves assis au premier rang. Puis soudain, l'un d'entre eux se leva, et se mit à hurler. Tout était très vulgaire à mes yeux, même si j'appris par la suite que « Shut up », « T'as gueule » dans notre langue, n'est pas aussi rude que ce que l'on croit être. Vous vous voyez en France, en classe, crier ce genre de paroles sans qu'un professeur ne vous reprenne ou ne vous vire directement de la classe? Beh ici, il me semble que ça ne les dérange pas plus que ça. Pour ma part, ce genre de langage n'est pas permis, et encore moins en classe. Je décidai alors d'intervenir. Je repris l'élève et le sorti de la classe en lui demandant de rester dehors jusqu'à ce que le prof arrive.
Une bonne quinzaine de minutes plus tard, le prof arriva, me demanda pourquoi cet élève était dehors et en lui expliquant, il comprit immédiatement mais lui demanda cependant de rentrer à nouveau s'asseoir. Malgrès la présence du professeur, le bruit assourdissant resté. Le prof leur expliqua le travail à faire, lequel avait été laissé sur le bureau, et puis aussitôt, il s'assit et commença à lire son journal sans vraiment se préoccuper de la classe. Je me proposai gentillement de passer dans les rangs, de les aider. A ce moment là, je m'approchai du jeune garçon que j'avais renvoyé quelque minutes auparavant. Il me fit ses excuses et m'expliqua que ses paroles, bien qu'elles ne soient pas très polies, partaient d'un bon sentiment: celui de m'aider face à une classe déchainée. Je l'en remerciai mais lui expliquai que de telles paroles n'avait pas lieu d'être prononcées en classe. La conversation s'arrêta nette. Une minute plustard, me voici face à un autre problème. Un d'entre eux avait décidé de ne rien faire. Pourquoi devrais-je dire quelque chose? Le plus simple serait de l'ignorer, de continuer à aider les autres sans ne lui prêter aucune attention. Et pourtant c'est sur lui que j'allais m'attarder. Le prof ne disait rien, et au fond de moi je bouillais... Je lui donnai alors cinq minutes pour préparer la première question. Un court instant passa entre cette conversation et je revins à lui en observant qu'aucun travail n'avais été fourni mais qu'il se permettait de parler, de distarire toute la classe. Je lui fis remarquer qu'il n'avait même pas encore ouvert son cahier. C'est avec un rire sournois qu' il me répondit: « Vous m'avez donné cinq minutes. Seulement deux minutes sont passées,j'ai encore le temps! » Là s'en était trop! Je lui demanda de se lever, de prendre ses affaires et je l'assis devant, sur un bureau collé devant le mur! Aucun moyen pour lui de se retourner, ou de parler, personne n'était à côté ou devant lui. Une demie heure après, j'observai qu'il avait bien travaillé et je lui permis de retourner à sa place. Depuis ce jour là, il comprit que bienque je ne sois pas une réelle prof, rien ne m'empêchait de les sanctionner. C'était fini, cette heure avait été néammoins laborieuse. L'enseignant surveillant avait seulement fait de petites allusions au bruit par moment, mais ne s'était pas plus investi. Il m'avait tout de même fait remarquer que mon attitude avec cette classe avait été brillante... Cette heure avait été chargée, mais je savais que d'autres aventures viendront par la suite s'ajouter.
La première semaine passa. Je commençais à comprendre petit à petit le fonctionnement de ce collège. Et oui, un collège anglais ne ressemble pas tout à fait à nos collèges français où chacun est libre d'avoir son propre style vestimentaire. Ici l'uniforme est le maître mot. Un polo et un pull bleu, un pantalon noir, une veste de blazer noire, des chausettes blanches et des chaussures noires! WAOUH! Dans le ridicule, vient s'ajouter le fait que les élèves doivent demander s'ils peuvent lever leur veste de blazer en classe. A ça je répondais simplement faîtes ce que vous voulez.... Serait-ce mon petit côté français, pas très à cheval sur des principes aussi carrés? Ou peut-être mon côté marseillais? Ou juste ma façon de penser....??
02 mai 2007
Chapitre 4: Une rencontre bien sympathique
J'avais bien sympathisé avec une jeune professeur de français, Claudia, âgée de 27 ans, française elle aussi, originaire de Metz, et nous passâmes quelques weekend ensemble,chez elle, à Cambridge. C'était agréable, elle m'invitait à des soirées organisées par d'autre professeurs, me faisait visiter la ville, génial pour débuter une vie dans laquelle aucun repère n'existait! Peu à peu, je voulais sortir plus, rencontrer plus de monde, élargir ma vie sociale.
Un mardi après-midi, je m'en souviens encore, en relisant mes emails, je tombai sur l'email d'un jeune londonnien qui venait d'emménager récemment sur Cambridge pour des raisons professionnelles, et ne connaissant pas grand monde lui aussi, après une brève discussion sur un chat, il m'avait laissée son numéro de téléphone. Tellement décidée à vouloir rencontrer du monde, je pris son numéro et lui envoyai un message aussitôt! Message reçu! Quelques minutes plus tard, il m'écrit. Il aimerait me rencontrer et me proposa de dîner avec lui ce soir là. J'accepta sur le champ! Mais comment allait sur Cambridge maintenant? Il ne voyait aucun inconvénient à venir me chercher, mais à ce moment là j'hésitai. Je ne sais rien de lui, je ne le conais pas, je n'ai jamais vu sa tête, non je refuse, je vais me débrouiller autrement. J'appellai alors Claudia pour lui demander conseil. Celle-ci s'était proposée gentillement de venir me chercher et même de me rammener si un problème se présentait! Rapidement, Je lui envoyai un message pour lui dire que j'avais trouvé une solution et que ce n'était pas la peine qu'il se déplace. Une copine partait justement de son travail et me prendrait au passage. Il m'appela, et j'entendis pour la première fois sa voix. Un accent américain. Etait-il anglais? Américain? Je n'en savais rien en tout cas, sa voix m'avait déjà conquise... Mais que dis-je, on allait se voir simplement pour un repas, pour faire connaissance, des amis, non? Je commençai à me préparer, en pensant au moindre détail pourtant. Qu'est-ce que j'allais mettre? Mon brushing est-il bien fait? Ce jean ne me fait-il pas trop grosse? Me suis-je bien brossée les dents? Le maquillage? Après une bonne heure, j'étais prête, je montai dans la voiture de Claudia qui me déposa à Cambridge, en me rappelant que s'il y avait quoique ce soit de l'appeler et qu'elle viendrait! Sympa de sa part. J'arrivai au Grafton, un centre commercial, je marchai, puis je sentis à l'intérieur de mon sac mon portable vibré. C'était lui, il m'appellait. Je décrochai puis me retournai et il était là, entrain de marcher, et d'arriver jusqu'à moi. Il était de taille moyenne, blond, des cheveux courts, des yeux verts, une belle allure. On se présenta. Puis nous avons marché sous la tombée de la nuit de Cambridge et nous sommes allés à « Strada », une fameuse chaine de pizzas anglaises. On apprit beaucoup l'un de l'autre durant ce premier repas. Il s'appellait Nikolaï, était russe, mais avait vécu douze ans à Los Angeles, et vivait depuis quatre ans à Londres avant d'avoir attéri sur Cambridge. Puis nous sommes allés boire un dernier verre avant de rentrer. Il me raccompagna, j'avais confiance. Je voyais à qui j'avais à faire, pas besoin de prévenir Claudia. Je me souviens de sa voiture, la dernière audi. Je ne suis pas matérialiste, loin de là, mais c'est quand même pas mal pour un gars de 24 ans! Arrivés devant chez moi, nous avons continué à parler, puis je rentrai chez moi contente et pourtant un point déçu. Pourquoi me direz-vous? Ma soirée s'était très bien passée, pourquoi devrais-je l'être? Je ne m'attendais pas à cette fin. Il n'a rien tenté, même pas un petit baiser sur la joue, ou du moins un bisous, rien! Peut-être serait-ce ce côté anglais réservé? Je n'en savais rien... Vingt minutes plus tard, je reçu un message. Youpi! Ah mince, c'était Claudia pour me demander comment c'était passé la soirée. Puis un second message, cette fois c 'était lui. Il avait passé une agréble soirée en ma compagnie, et il espérait me revoir bientôt. C'était super!
Le lendemain, je partis au collège, sourire aux lèvres, épanouie, contente de la soirée passée. Pendant la récréation, je vis que Nikolaï m'avait envoyée un message, me proposant de le rencontrer à 17 heures, directement après son boulot, question de se revoir autour d'un café. Cela me convenait. Je fis part de ce nouveau rendez-vous à Claudia, qui me proposa de dormir chez elle ce soir là, pour m'éviter de faire les aller-retour et voulait tout de même rencontrer ce jeune homme venu d'internet, car même si m'a description lui semblait parfaite, elle voulait voir à quoi il ressemblait. Je lui dit alors qu'elle pouvait nous retrouver sur la pelouse du Grafton en fin d'après-midi.
Enfin 17heures, je le revis. Il avait un baggie, un tee shirt large, il avait abandonné son costume pour redevenir ce jeune homme de 24 ans. Fini le boulot, voici une autre apparence. De mon côté, j'avais fait de même. On s'arrêta à Starbucks, célèbre pour son café. Nous avions pris deux cafés à emporter, il faisait trop beau pour ne pas en profiter. Nous nous assîmes sur la pelouse, et nous commençâmes à parler, à se chercher...Il se moquait de mon accent, et moi du sien. Il s'amusait à m'imiter, mais je m'en moquais. Cet accent français que je n'arrive pas à perdre, serait-il un attout de séduction en Angleterre? Une heure plus tard, Claudia arriva. Je lui présentai Nikolaï, elle pouvait me faire part en français de ce qu'elle pensait de lui, il ne comprenait rien. Mais il n'avait pas de quoi s'inquiéter, elle le trouvait sympa, charmant...
Sa présence commencait peu à peu à m'énerver. C'est vrai, son anglais était parfait! Après huit ans passé en Angleterre, assez normal quand même non? Elle monopolisait toute la conversation, je ne parlais plus, je n'étais plus la fille que Nikolaï avait connu auparavant, je devins la fille timide, muette. Normal, mon anglais n'étais pas aussi bon qu'elle, allait-il me juger? Péfèrerait-il Claudia? Je me posais alors trop de questions. Plustard, nous sommes rentrés. Le hasard fait que Claudia et Nikolaï vivait une rue à côté sans le savoir. Des voisins, il ne manquait plus que ça maintenant!
J'arrivai chez Claudia, nous nous sommes couchées aussitôt. Avant de m'endormir, des questions trottaient dans me tête. Lui ai-je plu? Que pense-t-il de moi? Autant de questions auxquelles je n'avais pas de réponses. Je posais ces questions à Claudia, laquelle me souligna une fois de plus sa sympathie et son charme. Puis elle me proposa d'aller le voir le lendemain, et tout en lui demandant du sucre, par exemple, de lui glisser un sous-entendu me concernant. Non, je ne voulais pas ça. Je voulais laisser faire les choses d'elles même.
Chapitre 5: Enfin le baiser!
Le lendemain, ma joie était toujours présente sur mon visage. Même si rien ne s'était encore passé, je ne savais toujours pas si je lui plaisais, je l'avais vu et ça semblait me combler. Les jours passaient, nous nous échangeâmes plusieurs messages, tout restait très amical, même si de petits mots simples me faisaient toujours espérer un peu plus.
C'était un samedi soir, je finissais de faire du babysitting, les parents étaient rentrés tôt ce soir là, j'allais me mettre au lit quand soudain Nikolaï m'appela. Il était sur Londres et arriverait sur Cambridge dans environ une heure et me proposait de venir me chercher pour un dernier verre en fin de soirée. J'accepta de nouveau mais en attendait plus cette fois-ci! En effet dès notre première rencontre, en parlant des relations filles/garçons, il me fit remarquer que si rien ne se passait entre deux personnes après la cinquième rencontre, ils resteraient alors de simples amis. Cette phrase trottait dans ma tête, c'était la troisième fois que j'allais le voir ce soir. Qu'allait-il se passer? Allait-il enfin tenter de m'embrasser? Ou allait-il me faire comprendre que je n'étais simplement pas son style? J'allais le savoir bientôt. Juste le temps de prendre une douche et il arriva. A ce moment là, Claudia m'appela pour me demander ce que j'allais faire de ma soirée. Contente de partager mon enthousiasme, je lui fis part de ma prochaine rencontre avec Nikolaï dans une heure. Suite à ça, elle me lança t'as de la chance car une fois de plus elle n'allait pas sortir et allait passer sa soirée toute seule devant la télé. Moi toute naïve, lui proposa une fois de plus de nous rejoindre au pub, tout en priant qu'elle refuse cette invitation. Bien au contraire, elle l'accepta volontier et je n'allais plus passer une soirée rien qu'avec lui, mais une fois de plus nous serions trois. Suis-je stupide? Je ne vais jamais l'avoir si ça continue! J'appellai Nikolaï pour lui faire part de la nouvelle mais ça ne semblait pas le déranger. C'était sûr cette fois, j'étais une bonne copine et rien de plus! Mais pourtant, il m'avait rappeller, m'avait inviter à moi et non à elle... C'était déjà la troisième invitation et toujours rien! Claudia toujours entre nous, comment faire?? Nous nous sommes enfin retrouvés, il était tard et tous les pubs allaient fermer une heure plus tard. Nous avons cependant eu le temps de boire quelque coktails, de discuter, même si ma part dans la conversation se faisait de plus en plus rare. En effet, Claudia parlait toujours autant! Pourquoi lui avais-je proposé de venir? Regrettais-je? Un peu oui, car une fois de plus même si je vis que Nikolaï me lancait des regards, me dévorait presque des yeux, rien ne se passait. Une soirée de plus et la situation stagnée. Trois déjà... Encore deux rendez-vous et ça sera trop tard!! Il fallait que je me réveille. Je le voulais, je le savais, pourtant cela ne se voyait forcément pas. Nous sommes rentrés. Déçue une fois de plus car rien ne se passa. Pourtant, j'avais encore une espoir. Jour après jour, j'attendais de ces nouvelles comme si seul lui comptait. Un après-midi ensoleillé, nous nous sommes revus, et là il avait tout prévu. Il m'emmena boire un coup, puis nous avons marché jusqu'à un restaurent, lequel avait été conseillé par un de ces collocataires. Une ambiance très romantique me direz-vous? Exactement! C'était des petites grottes, individuelles. Nous avions choisi celle avec un sofa, écartait de tous regards. Nous étions seuls, une coupette de champagne à la main et cette atmosphère ressemblait à celle d'un film d'amour, version Notting hill, mais cette fois situé à Cambridge. Bon ce n'était pas tout à fait Hugh Grant à mes côtés mais le tout était parfait. Il avait pensé à cette soirée, il avait prévu de m'emmener à cet endroit précis, c'était tout calculé, rien n'avait été laissé au hasard! Au menu, rien à voir avec un simple restaurent, ici on mange dans la même assiette, on partage tout! On choisit plusieurs plat et on commença à mettre nos doigts dans ces assiettes. Un petit jeux s'installait entre nous. On s'amusait à gouter ces délicieux petits plats, et on petit à petit on se rapprochait. On se rappelait que c'était notre quatrième rendez-vous, puis il me fit sous-entendre qu'il apprécait enfin d'être seul avec moi cette fois, sans la présence de Claudia. Ouf, il me préférait à elle. Pour le moment, j'en avais plein les yeux. Tout était parfait, trop parfait me direz-vous? Non juste ce qu'une femme attend, un romantisme absolue, donc pour l'instant j'étais conquise. Après avoir mangé, nous avons marché tout le long de la rivière, puis soudain nous nous sommes arrêtés. La lune brillait, le bruit de la rivière ruisselait, nos yeux se croisaient. Qu'attend-t-il, me demandais-je? Dois-je faire le premier pas? Trop long à mon goût, je le regardai fermement, sans détourner mon regard, et approchait doucement mes lèvres vers les siennes, et nous finîmes enfin par nous embrasser. Ca y'est c'était fait! Ce baiser me comblait, il était spécial, ce n'était pas un simple baiser que l'on donne dans une boîte de nuit. Celui-ci avait été attendu, désiré. On se pose toute la question suivante avant d'embrasser un inconnu, sera-t-il bien si prendre? Nos lèvres seront-ils s'accorder? Combien d'entre vous on déjà trouvait ça de mauvais goût? Moi la première, soit trop brusque, ou trop baveux. Ce n'était pas le cas de Nikolaï, ce baiser était doux, expérimenté. Soudain il me regarda et m'avoua qu'il n'était pas sûre que je lui paisais, qu'il ne savait pas ce que je pensais. Puis il glissa au creu de mon oreille que mon baisé lui avait plu. J'en pensais de même sans le lui dire. Notre désir était donc réciproque. Qu'allons nous faire maintenant? Vas-t-il m'inviter chez lui? Le premier soir? Non, je ne peux pas. J'attendais pour voir sa proposition. En lui soulignant qu'il était déjà tard, il me proposa de me racompagner sur Linton. C'était parfait!
03 mai 2007
Chapitre 6: Le premier soir
Un nouveau matin, un nouveau jour d'école, tout ça me paraissait si loin avec la soirée passée la veille. Je me souviens d'avoir eu les « year 11 », les plus agés, les 16 ans. La prof m'avait envoyée un groupe composé seulement de garçon, merci encore! A cette âge là, ils ne pensent qu'à une chose: LE SEXE! Seraient-ils interessés par ma compagnie? Je n'en savais rien mais dès sifflements m'étaient adressés lorsque j'avais le dos tourné. L'un d'entre eux, me demanda mon numéro de téléphone, rien que ça non? Il me mentionna qu'il avait une copine cependant, mais je lui répondit que de toute manière je n'étais pas interessée. Ces copains se moquaient. Bien tenté mais c'était loin d'être gagné. Puis ce même petit gars, plus grand que moi en fait, ce qui n'est pas si difficile avec mes 1m60 de haut, critiqua mon écriture donc je lui demandai de venir écrire au tableau à ma place. Ce qu'il fit aussitôt. Ne regardant pas, m'occupant d'autres élèves, il en profita pour faire part de ces envies sur le tableau. Tout le monde rigolait, pourquoi? Simplement car il avait écrit au tableau: « Can I help you baby? » (Puis-je vous aider bébé?). Il leur en faut peu à cet âge! je lui demandai d'effacer ça immédiatement et lui soulignai qu'il était entrain de faire mauvaise route avec moi. Il se calma, et le cours se poursuivit. Nous avions fini cette leçon par le jeu du pendu, en français biensûr!
Deux jour plus tard, nikolaï m'invita à manger chez lui, il voulait me préparer un repas, serait-ce un cuisiner? Je partis de l'école avec Claudia et je passai l'après-midi chez elle jusqu'à son arrivé. Dans les alentours de 17 heures, il vint me chercher. On devait cependant aller à Tesco, c'est un supermarché anglais, style « Carrefour », pour faire quelque courses pour le repas de ce soir. Il proposa Claudia de nous accompagner, laquelle vint sans se faire prier. Nous avions aheté des filets de poulet, des oignons, des poivrons, il savait ce qu'il allait me mijoter, tous les ingrédients y étaient. Il ne s'était pas privé. Pour une fois qu'un homme n'est pas prêt de ces sous, ça fait plaisir! On rentra chez lui, et il commença à se mettre au fourneau. Un homme à la cuisine, ça peut être sexy vous ne trouvez pas? Du mois il l'était! Claudia rentra chez elle, mais il l'invita à revenir dans une heure pour partager ce dîner en notre compagnie, et une foisde plus elle accepta. Déçue, moi qui m'attendais à un repas en tête c'était raté! Elle allait être encore là. Je la voyais déjà monopoliser la conversation durant tout le repas, et rien que l'idée de devoir manger en sa compagnie m'énervait. Serais-je jalouse? Peut-être, mais ma réaction était normale non? Ne me dîtes pas que ce n'est pas normal de vouloir rester seul avec cette personne lors d'un deuxième rendez vous. Aimeriez-vous paratger un tel moment à trois? Non, je ne pense pas! Vous comprenez alors pourquoi cela commencait à m'agacer. Peut-être n'était-il pas plus interessé? Avait-il peur de rester seul en ma compagnie? Je n'avais hélàs pas de réponses à toutes ces interrogations. Puis Claudia partit. Des lors que je me trouvai seule dans la cuisine avec lui, il me demanda ce que je pensais de lui, ou du moins comment il voyait notre relation. Pourquoi cette question maintenant, je veux dire si tôt. Que devais-je répondre à ça? Rien, faire celle qui n'avait pas compris. Puis il m'expliqua qu'il ne voulait rien entreprendre de sérieux dans cette relation avec moi, qu'il venait juste de finir une relation de deux ans et qu'il ne voulait pas s'engageait dans une autre. Pourquoi me disait-il tout ça maintenant? Voulait-il déjà mettre fin à ce début de relation? Cependant son raisonnement était incohérent. Il me trouvait sympa, jolie, voulait néammoins rester avec moi sans réelle relation proprement dite. Il me souligna: « N'attends pas que je t'appelle ou que je t'envoies des messages, je ne le ferai pas ». Pourquoi se comportait-il soudainement de la sorte? Vous le savez-vous?Avec le recul, son comportement reste pour moi encore floue.Mais malgrès cette conversation, nous avions dîné tous les trois. Ma joie ne s'exprimait plus comme auparavant. Nous avions par la suite regardé un film. Nous étions désormais tous trois allongés sur son lit. Je pensais seulement à ce que Nikolaï m'avait dit. Ma seule envie était de partir et de laisser les deux autres sur ce lit. Non je ne devais pas faire ça, Claudia serait trop contente! Bon je me calme, reprends mon souffle et fais comme ci rien ne me dérangeait. Le film finit, Claudia partit enfin, il était temps! Je me trouvai alors seule avec lui sur son lit. Il me demandait si les mots qu'ils avaient prononcés plutôt m'avait déçue. Je lui dis simplement que je ne comprenai pas tout, mais que de toute façon je n'accordais aucune importance à cette relation. Il appréciait ce que je lui dit et cru vraiment que je n'y voyais aucun mal. Nous commençâmes par nous embrasser, même si mon esprit était ailleurs, puis il s'arrêta. Pourquoi? Il me demandait ce que je comptais faire avec lui ce soir là. Serait-il bête? Je lui fis donc comprendre que je ne voyais aucun inconvénient à passer cette nuit en sa compagnie. Il laissa soudain sous-entendre que j'étais une fille facile. Pas géné le mec quand même! Il me met dans son lit, puis trouve que je vais trop vite. A ma grande surprise toutes les démarches qu'il avait faite les jours passés ne ressemblaient plus à cette homme que j'avais aujourd'hui à côté de moi, dans ce lit. Aurait-il peur? L'impressionais-je? Nous étions enfin nus, nos corps s'enlassèrent et pourtant rien. Il ne voulait pas passer cette nuit avec moi. Je ne comprenais pas! Etait-ce ma faute? Que s'était-il passé? Je n'en savais rien! Nous nous sommes rehabillés, puis il m'a reconduit chez moi. Un dernier baiser et je suis rentrée sans trop comprendre ce qui était entrain de se passer. Les jours passés et plus aucunes nouvelles de Nikolaï. Une semaine plus tard, à ma grande surprise il m'appela pour le voir. S'était-il enfin décider à vouloir coucher avec moi, une semaine après? pourquoi tant d'absence? Cela tombait mal, je ne pouvais pas aller le voir, je commençais mon nouveau travail au pub du village. Il me félicita d'avoir trouver ce nouveau job mais me fit sous-entendre que je ratai quelque chose. Je m'en foutais, j'étais seulement déçue.
Chapitre 7: Le pub
En effet, j'allais travailler au Crown, un des pubs de mon village. C'était ma première soirée et je faillis arriver en retard. Le père, chez la famille où je vivais, me demanda cinq minutes avant mon départ pour le pub de garder les enfants une heure. Hors de question! Il était au courant de ce nouveau boulot, et ne pouvait pas m'imposer de rester. Pourtant il insistait. Il me dit de les appeller pour les avertir de mon retard. Je renonçai et quittai la maison. Pour qui se prenait-il? J'avais fait mes heures de travail, et s'il voulait que je fasse du babysitting ce soir là, il devait m'avertir la veille et non à la dernière minute.
J'arrivai au Crown, et je fis la connaissance du patron, Nick, et des employés. Ce soir là, il y avait, Michelle et Adam, tout deux venaient d'Afrique du Sud, puis Pamela, une péruvienne, Jess, la seule anglaise, avec le patron biensûr et le cuisinier Marcus. Un pub international me direz-vous? C'est exactement ça! Ici on y parle anglais, espagnol, français et allemand! C'est génial! Je servis alors mes premières bières. Il fallait se rappeler de tous ces noms, je croyais que je ne jamais y arrivais, puis avec le temps je m'y suis faite! Les clients étaient très sympas, une ambiance familière y régnait. Après quelque bières, ce pub s'était transformait à un bar français. « Bonjour mademoiselle! », « un verre de vin blanc s'il vous plaît », etc... Puis il y avait ceux qui perdaient tout contrôle d'eux même, qui étalaient tout leurs vocabulaires les uns après les autres, et arrivaient à des phrases incompréhensibles. Je me souviens encore d'un qui me répétait: « J'habite à Linton avec mon père et chien, et j'adore le jambon et fromage ». Marrant me direz-vous, vu d'ici et avec le recul, en effet ça l'est! Mais je me rappelle d'en avoir eu vite marre d'entendre cette phrase tout au long de la soirée. Car c'est long, cinq heures derrière ce comptoir...
Premier soir, enfin fini! J'étais fatiguée et rêvais déjà de retrouver mon lit.J'allais travailler au pub tous les mercredis soirs et vendredis midis.
Chapitre 8: La rupture
Deux jours plustard, je revis Nikolaï. Je lui avais donné rendez-vous dans un café en début d'après-midi et non en soirée comme il le souhaitait. Je voulais lui dire que cette situation ne me convenait pas, que je voulais d'un homme qui m'appelle, qui prend soin de moi, et non d'un homme qui fuit, qui refuse de me donner de ses nouvelles et du moins que je lui en donne. Je l'attendais à notre point de rendez-vous habituel, qui n'avait pas changé depuis le premier jour de notre rencontre, le Grafton Center. Il arrivait, sourire aux lèvres, m'embrassa et nous nous étions assis à la terrasse de Costa Café, une autre chaîne de café similaire à celle de Starbucks. Nous avions commencé à parler boulots, vies, etc..., mais sans faire allusion à nous deux, à ce qui s'était passé. De mon côté, je me posais des questions, comment aborder ce sujet, comment lui faire comprendre que cette situation n'était pas celle que j'attendais. Puis soudain, notre conversation déboucha sur ce thème. Après une longue heure de discussion, il en conclut qu'il n'était pas prêt à s'investir dans une autre relation, qu'il me trouvait sympa, mignone, mais qu'il m'avait rencontré hélàs dans une mauvaise période de sa vie. Il voulait simplement s'amuser. Moi aussi, lui glissais-je, même si j'en voulais un peu plus. Il me trouvait interessante et ne voulait pas me blesser. Il me proposa alors d'en rester là, de ne pas aller plus loin et mentionna qu'il voulait rester que l'on reste ami. Ami?? Ca ne m'interessait pas! J'essayais de le convaincre que quelque chose pouvait se passer entre nous deux, mais il me répéta une fois de plus qu'il ne pouvait pas s'investir. S'il m'avait connu un mois plus tard, cela aurait été possible, mais là sa rupture était encore trop fraîche pour en commencer une autre. Alors pourquoi avait-il déroulé ce tapis rouge avec tous ces restaurents, ces petites attentions ces dernières semaines passées? Tout ça n'était plus cohérent. Il décida de rester ami et ajouta qu'avec le temps peut être il reviendrait. J'étais décomposée, triste de voir que toute cette aventure, cette rencontre dès les premiers jours ici s'arrêtaient déjà. Soudain je reçu un coup de fil de Claudia qui se trouvait en ville et qui voulait nous rejoindre pour un café. C'était pas le bon moment, mais elle allait arriver dans moins de dix minutes. Je demandai un dernier baiser à Nikolaï en attendant son arrivée. Il m'embrassa alors, ce baiser restait fort malgrès ce que nous nous étions dit auparavant. Pourquoi se mettait-il cette barrière alors que je lui plaisais? Je ne comprenais pas. Nous sommes jeunes, pourquoi s'arrêtait à ça. Une fois ce baiser fini, il me dit: « Je préfère arrêter de t'embrasser sinon je vais me demander pourquoi avoir fait el choix de mettre fin à ce début de relation ». A ce moment là, Claudia arriva sans se douter de la situation dans laquelle je me trouvais. Comme à son habitude, son temps de parole m'énervait. Nikolaï parraissait tout à fait normal, continuait ces jeux de séduction avec moi et moi j'étais désarmé et voulais quitter ce café au plus vite. J'expliquais alors à Claudia en français en quelque mots que tout était fini. Nous avions quitté ce café, j'avais le coeur lourd, une boule dans le creu de la gorge, il se proposa de me raccompagner, je refusai et partis avec Claudia de mon côté. Je fondis en larme ne comprenant pas trop ce qui m'arrivait. Claudia me dit qu'il n'en vallait pas la peine vu son comportement à mon égard, que c'était mieux que ça se finisse aujourd'hui que plus tard. Que son honnêteté était peut être la seule chose qu'il avait de bien. Je rentrai alors à Linton, célibataire. Je revenais rapidement à ce statut de célibataire qui me collait toujours à la peau!
Chapitre 9: Rencontre entre assistants
Les matins s'enchainaient sans réels changements, toujours aussi difficiles qu'au départ, nous arrivions presque tous les matins en retard à l'école primaire, les heures de babysitting se multipliaient, et petit à petit ma vie sociale se réduisait. En effet, dans ce village, je connaissais beaucoup de monde mais soit trop jeune, tous les collégiens, soit trop vieux, les habitués du pub. Les jeunes de mon âge vivaient dans la grande ville, Cambridge, la ville étudiante. Mais moi je travaillais ici, à Linton. Tout était alors plus simple en habitant sur place.
Je me souviens de la première réunion entre assistants. C'était un mardi après midi à hundington, à deux heures de bus de Linton. J'y étais allée avec Kerstin, une assistante allemande. Nous avions eu le temps de faire connaissance tout le long du trajet. Très sympa, je lui proposai de dormir à la maison pour éviter les aller-retour entre Cambridge et Linton les jours où elle travaillait au collège. Effectivement, elle travaillait dans deux collèges distincts et venait sur Linton seulement une fois par semaine. J'avais un lit double, ma propre salle de bain donc je n'y voyais aucun inconvénient. Puis très ouvertement, elle me fit part de ces tendances homosexuelles, en me parlant de sa petite amie. Je n'avais pas compris sur le coup, mais en insistant sur cette partie, elle me resouligna le fait qu'elle était lesbienne. Oups! Je n'ai aucun tabou sur l'homosexualité, la pluspart de mes amis de Durham l'année dernière l'était, mais là je lui avais tout de même proposé de venir partager mon lit! Le temps passa et elle n'était jamais venue.
Cette réunion se composait d'assistants français, espagnols, allemands et parmi toute cette Europe venait s'ajouter un autre continent, une petite japonaise. Nous avions fait tout ce voyage, et cette réunion avait duré même pas une heure et demie, et surtout je n'avais rien appris de nouveau. En effet, tous ces assistants venaient d'arriver deux ou trois jours auparavant. J'étais la seule à être ici depuis déjà presqu'un mois, car j'avais trouvé ce poste par moi même alors que tous les autres avaient attéri ici grâce à leur université. En effet, c'était pour la pluspart des étudiants en langues étrangères. J'avais sympathisé, parlé un peu avec tout le monde, mais tous habitaient dans des villages très éloignés. Nous nous étions échangés nos adresses email et numéros de téléphone, puis chacun partit de son côté. Une après-midi de perdue! Je n'avais rien appris et je ne pensais pas les revoir vu la distance à parcourir...