01 mai 2007
Chapitre 3: Mes premiers jours au collège
6h30 debout, cette fois c'est parti, plus le temps de se reposer, de se demander puis-je rester une heure de plus dans mon lit, non! Il faut se réveiller, filer à la salle de bain, prendre une douche, un peu d'eau froide pour se réveiller, s'habiller, euh comment? C'est vrai j'allais être une prof désormais... assistante oui, on se comprends! Mais bon fini les baggies, les jeans troués, le look étudiant, désormais c'était le pantalon classique, vous voyez, tout noir, ou tout marron, et la veste de tailleur. Lequel choisir pour ce premier jour...pas compliqué, j'avais pu en prendre seulement deux et oui vingt kilos de bagages, ce n'est pas grand chose! Je choisis le marron, j'oublie la veste. Un petit gilet suffit. C'était parfait moins sérieux que le costume. Cette tenue me changeait déjà, moi qui étais habituée à porter du décontracté, sportif, je devins tout à coup la femme d'affaire, class, élégante. Cette tenue commencait à me plaire.
7h30, je montais au premier étage, les parents partaient tous deux dans un collège différents, car ils sont directeurs tous les deux. Bon, je me retrouvai avec les deux petits, il fallait les faire déjeuner, puis les occuper jusqu'à 8h30 avant de partir pour l'école. Pour ce qui était de les occuper, ça allait, la télé faisait le travail à ma place, par contre pour les déscotcher de devant, c'était un autre problème!!
8H20, je commence à répéter une phrase qui allait au fil du temps devenir un rituel. Kelly, John, faut y aller! « Brossez vous les dents, mettez vos chaussettes, vos chaussures, votre manteau, prenez votre « pack lunch », n'oubliez pas vos sacs et on y va! » Et tout ça en anglais, of course! Bon, facile à écrire comme ça mais tout ne se passait pas aussi simplement que ça.
En effet, dès les premiers jours d'école tout devînt compliqué. Je notai une attitude incohérente chez la petite, Kelly. Elle était âgée de deux ans de plus que son cadet et pourtant paraissait moins mature que celui-ci. Le faisait-elle exprès? Voulait-elle me faire craquer dès les premiers jours... Souvent les enfants sont comme ça, ils essayent de te tester au début, juste pour voir où sont leur limites lorsqu'ils sont avec toi. Donc j'avais décidé de ne pas accorder tant d'importance à son comportement en espérant qu'elle allait évoluer avec moi avec le temps. C'est comme ça partout, il faut un début, un temps d'aptation! Je m'accordais donc ce tempsavec elle, sans trop la brusquer, en lui montrant qui j'étais et ce que j'attendais d'elle.
Une similaire attitude régnait au collège, surtout avec les plus grands. Ils ont seize ans, j'en avais alors que vingt, pas beaucoup d'écarts nous séparer, donc pourquoi devaient-ils me respecter? Me parler comme une prof alors qu'ils savaient que j'étais seulement une assistante? Et justement pourquoi pas! Je ne comptais pas me laisser faire, et tout en gardant ma personnalité, mon côté social et chalereux, rien ne m'empêchait de leur dire ce que je pensais et ce que je n'admettais pas en classe. Je me souviens encore d'avoir eu les « year 9 », l'équivalent de nos quatrièmes en France, et d'avoir fait part d'autorité vis à vis de certains dès les premiers jours. La prof n'étant pas là, j'arrivai en classe comme à l'habitué, attendant l'enseignant remplaçant, mais celui-ci semblait avoir du retard. Je décidai donc de prendre la classe en main. Mais tout ça n'est pas facile. Ils savent qui je suis, une petite française, une nouvelle, sans réel statut de prof, donc ils ne craignaient pas grand chose. Un bruit épouvantable régnait dans la classe, comment faire? Crier, je ne sais pas si ma voix dépasserait leur décibel; attendre et ne rien dire, peut-être qu'ils finiront par se lasser de parler; demander à un élève de m'aider, mauvaise idée, je suis la prof, je dois m'imposer. Des semblants de voix sortaient de moi, mais difficile de crier, je ne les connaissais pas vraiment, ce n'est pas ma langue maternelle, tant de choses qui font que je décidai d'attendre l'enseignant qui n'arrivait toujours pas. Je m'assis sur la chaise et parlai dans ce brouhaha avec quelques élèves assis au premier rang. Puis soudain, l'un d'entre eux se leva, et se mit à hurler. Tout était très vulgaire à mes yeux, même si j'appris par la suite que « Shut up », « T'as gueule » dans notre langue, n'est pas aussi rude que ce que l'on croit être. Vous vous voyez en France, en classe, crier ce genre de paroles sans qu'un professeur ne vous reprenne ou ne vous vire directement de la classe? Beh ici, il me semble que ça ne les dérange pas plus que ça. Pour ma part, ce genre de langage n'est pas permis, et encore moins en classe. Je décidai alors d'intervenir. Je repris l'élève et le sorti de la classe en lui demandant de rester dehors jusqu'à ce que le prof arrive.
Une bonne quinzaine de minutes plus tard, le prof arriva, me demanda pourquoi cet élève était dehors et en lui expliquant, il comprit immédiatement mais lui demanda cependant de rentrer à nouveau s'asseoir. Malgrès la présence du professeur, le bruit assourdissant resté. Le prof leur expliqua le travail à faire, lequel avait été laissé sur le bureau, et puis aussitôt, il s'assit et commença à lire son journal sans vraiment se préoccuper de la classe. Je me proposai gentillement de passer dans les rangs, de les aider. A ce moment là, je m'approchai du jeune garçon que j'avais renvoyé quelque minutes auparavant. Il me fit ses excuses et m'expliqua que ses paroles, bien qu'elles ne soient pas très polies, partaient d'un bon sentiment: celui de m'aider face à une classe déchainée. Je l'en remerciai mais lui expliquai que de telles paroles n'avait pas lieu d'être prononcées en classe. La conversation s'arrêta nette. Une minute plustard, me voici face à un autre problème. Un d'entre eux avait décidé de ne rien faire. Pourquoi devrais-je dire quelque chose? Le plus simple serait de l'ignorer, de continuer à aider les autres sans ne lui prêter aucune attention. Et pourtant c'est sur lui que j'allais m'attarder. Le prof ne disait rien, et au fond de moi je bouillais... Je lui donnai alors cinq minutes pour préparer la première question. Un court instant passa entre cette conversation et je revins à lui en observant qu'aucun travail n'avais été fourni mais qu'il se permettait de parler, de distarire toute la classe. Je lui fis remarquer qu'il n'avait même pas encore ouvert son cahier. C'est avec un rire sournois qu' il me répondit: « Vous m'avez donné cinq minutes. Seulement deux minutes sont passées,j'ai encore le temps! » Là s'en était trop! Je lui demanda de se lever, de prendre ses affaires et je l'assis devant, sur un bureau collé devant le mur! Aucun moyen pour lui de se retourner, ou de parler, personne n'était à côté ou devant lui. Une demie heure après, j'observai qu'il avait bien travaillé et je lui permis de retourner à sa place. Depuis ce jour là, il comprit que bienque je ne sois pas une réelle prof, rien ne m'empêchait de les sanctionner. C'était fini, cette heure avait été néammoins laborieuse. L'enseignant surveillant avait seulement fait de petites allusions au bruit par moment, mais ne s'était pas plus investi. Il m'avait tout de même fait remarquer que mon attitude avec cette classe avait été brillante... Cette heure avait été chargée, mais je savais que d'autres aventures viendront par la suite s'ajouter.
La première semaine passa. Je commençais à comprendre petit à petit le fonctionnement de ce collège. Et oui, un collège anglais ne ressemble pas tout à fait à nos collèges français où chacun est libre d'avoir son propre style vestimentaire. Ici l'uniforme est le maître mot. Un polo et un pull bleu, un pantalon noir, une veste de blazer noire, des chausettes blanches et des chaussures noires! WAOUH! Dans le ridicule, vient s'ajouter le fait que les élèves doivent demander s'ils peuvent lever leur veste de blazer en classe. A ça je répondais simplement faîtes ce que vous voulez.... Serait-ce mon petit côté français, pas très à cheval sur des principes aussi carrés? Ou peut-être mon côté marseillais? Ou juste ma façon de penser....??
Commentaires
Hey
Bon déjà ça commence bien, j'ai envie de savoir la suite de l'histoire... même si j'en connais déjà un petit bout :)
C'est pas trop dur d'écrire tout ça maintenant? je dis ça parce que vu que tu utilises l'imparfait, je me suis dit que tu devais fouiller dans tes souvenirs, remarque c'est peut-être pas plus mal.
On a pas la même analyse quand on raconte au jour le jour et quand on fait le bilan à la fin. Je pense que dans les deux situations il y a des avantages et des inconvénients.
En tout cas je te souhaite bon courage pour la suite
Je t'embrasse
terribles les petites anglais, pas très différents de chez nous en fait. Tout ce joue dès le premier jour et tu as su faire preuve d'autorité, le respect vient de la...
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